Le Guide sur les mesures du radon dans les édifices publics de Santé Canada les nomme dans son propre titre : lieux de travail, écoles, garderies, hôpitaux, établissements de soins et centres de détention. Ce sont des bâtiments où des personnes sont présentes de longues heures, souvent en continu, et fréquemment sans possibilité de partir — ce qui modifie le calcul du risque d'une manière qu'aucun autre type de bâtiment ne partage.
Pourtant, presque aucune orientation canadienne ne s'adresse à ceux qui les exploitent.
L'essentiel : Santé Canada traite ces bâtiments comme des habitations aux fins du dépistage, en raison d'une occupation élevée et de longue durée. La plupart relèvent du provincial : aucune limite propre au radon ne s'applique — mais le personnel est constitué de travailleurs, et les occupants des milieux de soins et de détention ne peuvent se protéger eux-mêmes. Les établissements fédéraux de détention sont des lieux de travail de compétence fédérale, visés par la limite de 200 Bq/m³ dès le 30 janvier 2027.
Pourquoi Santé Canada regroupe ces bâtiments
Le guide vise les bâtiments « à occupation élevée et de longue durée par le public » et les traite comme des habitations aux fins du dépistage. La logique est arithmétique : le risque est fonction de la concentration multipliée par le temps. Une personne qui travaille huit heures dans un bureau est exposée un tiers de la journée. Un résident en soins de longue durée, un patient hospitalisé ou une personne incarcérée peut se trouver dans le même bâtiment en permanence.
Trois facteurs se cumulent :
- La durée. Occupation continue ou quasi continue, parfois sur des années.
- La vulnérabilité. Des populations présentant des affections respiratoires ou d'autres conditions, pour lesquelles une exposition supplémentaire à un cancérogène ne pèse pas du même poids.
- L'impossibilité de partir. En milieu de soins et en détention, les occupants ne peuvent choisir de réduire leur propre exposition. La responsabilité repose entièrement sur l'exploitant.
Quelles règles s'appliquent
Les établissements provinciaux — hôpitaux, centres de soins de longue durée, établissements de détention provinciaux, ressources d'hébergement — relèvent du provincial. Aucune province ne fixe de limite d'exposition propre au radon. Ce qui s'applique : l'obligation générale de la loi provinciale en santé et sécurité du travail (envers le personnel), les cadres de permis et de normes des établissements de soins, et la ligne directrice de 200 Bq/m³ de Santé Canada comme référence reconnue pour tous les espaces intérieurs.
Les établissements correctionnels fédéraux sont des lieux de travail de compétence fédérale. À compter du 30 janvier 2027, l'employeur doit veiller à ce qu'aucun employé ne soit exposé à une moyenne annuelle supérieure à 200 Bq/m³. Voir la limite fédérale expliquée.
En Colombie-Britannique, les établissements de soins relèvent de la Community Care and Assisted Living Act, où un médecin hygiéniste peut assortir un permis de conditions — le pouvoir utilisé par l'Interior Health en 2017 pour ordonner le dépistage dans les services de garde de sa région.
Le protocole de mesure
Identique à celui des autres édifices publics, et ce n'est pas le protocole résidentiel :
- Un détecteur dans chaque pièce occupée en contact avec le sol — chambres de patients et de résidents, postes de soins, bureaux, salles de traitement et d'activités, locaux du personnel. Une pièce « occupée » est une pièce où une personne passe plus de quatre heures par jour.
- Un détecteur par tranche de 200 m² dans les pièces de plus de 200 m² — unités, salles à manger, gymnases, grandes salles de séjour.
- Si le niveau en contact avec le sol ne comporte aucune pièce occupée, mesurer chaque pièce occupée du premier niveau occupé au-dessus.
- Minimum trois mois, pendant la saison de chauffage. Les mesures de courte durée ne sont pas acceptables pour décider d'une correction.
- Contrôle de la qualité — duplicatas dans 10 % des emplacements, plus des blancs.
- Positionnement — de 0,5 à 2 m du plancher, à au moins 30 cm d'un mur extérieur, à 10 cm des objets, à l'écart des courants d'air du système et des sources de chaleur. Exclus : salles de bains, cuisines, aires d'entreposage, stationnements intérieurs.
La question de la ventilation — différente ici
Dans les bureaux et les écoles, la ventilation s'arrête en dehors des heures d'exploitation, de sorte qu'un détecteur de longue durée peut afficher une moyenne supérieure à ce que respirent les occupants de jour. Santé Canada prévoit une méthode d'estimation des heures d'occupation à l'aide d'un moniteur en continu.
Cette correction ne s'applique généralement pas ici, parce que l'occupation est continue. Il n'y a pas d'heures inoccupées à corriger. La moyenne de longue durée sur 24 h correspond à ce que vivent réellement les occupants, ce qui simplifie l'interprétation et rend le résultat plus directement significatif.
L'exception concerne les zones réservées au personnel fonctionnant par quarts — ailes administratives, locaux techniques — où les considérations habituelles peuvent s'appliquer.
Ce que doit contenir le dossier
Pour un établissement institutionnel, le dossier compte autant que la mesure, et le règlement en précise le contenu : la date, l'heure et le lieu de l'essai; la substance visée; la méthode d'échantillonnage et d'analyse; le résultat; et le nom et la profession de la personne qui a fait l'essai. Un certificat de laboratoire ne fournit que le résultat.
Sur l'exécutant : le règlement exige une personne qualifiée, définie par les connaissances, la formation et l'expérience, non une certification précise. La certification PNCR-C constitue une preuve solide de compétence et le choix sensé dans des bâtiments institutionnels complexes à occupation mixte et à ventilation mécanique — sans être une condition légale.
Contraintes pratiques propres à ces bâtiments
Sécurité des détecteurs. Le guide de Santé Canada note que le lieu de positionnement est contraint par la nécessité que les dispositifs ne soient ni dérangés ni facilement accessibles aux occupants. En milieu correctionnel et dans certains milieux de soins, c'est une considération opérationnelle sérieuse — la suspension au plafond et le montage en hauteur sont généralement les réponses pratiques, dans le respect des règles de positionnement.
Fonctionnement continu. Ces bâtiments ne peuvent être fermés pour la mesure, et n'ont pas à l'être : une fois les détecteurs installés, la mesure de longue durée n'exige aucun changement de comportement.
Échelle. Un hôpital peut compter des centaines de pièces admissibles en contact avec le sol. Un tel nombre exige une planification et un registre de positionnement documenté.
Rénovations continues. Ces établissements sont en réaménagement permanent — et rénovation, modification du CVCA, changement de débit d'air ou d'usage des pièces sont tous des déclencheurs de nouvelle mesure.
Si un résultat dépasse 200 Bq/m³
Santé Canada recommande une correction dans un délai de deux ans entre 200 et 600 Bq/m³, et d'un an au-delà de 600 Bq/m³, par des professionnels certifiés, suivie d'une vérification. Dans les bâtiments institutionnels complexes, la conception de l'atténuation doit tenir compte de la ventilation mécanique existante et des relations de pression — raison d'associer un professionnel certifié dès la conception. Santé Canada recommande par ailleurs que la vérification ne soit pas réalisée par l'entreprise ayant installé le système.
Questions fréquentes
Les hôpitaux doivent-ils mesurer le radon au Canada ?
Aucune province ne l'exige. Les établissements fédéraux seront visés par la limite de 200 Bq/m³ le 30 janvier 2027. Le guide de Santé Canada sur les édifices publics vise explicitement les hôpitaux et en recommande le dépistage.
Les centres de soins de longue durée doivent-ils mesurer ?
Aucune obligation propre au radon dans aucune province. Le personnel est constitué de travailleurs, les résidents sont présents en continu et ne peuvent se protéger, et la ligne directrice vise tous les espaces intérieurs.
L'occupation continue change-t-elle la méthode ?
Pas la méthode, mais l'interprétation : la correction des heures d'occupation prévue pour les bâtiments à ventilation programmée ne s'applique généralement pas lorsque l'occupation est continue.
Combien de détecteurs pour un hôpital ?
Chaque pièce occupée en contact avec le sol, un par tranche de 200 m² dans les grandes pièces, plus environ 10 % de duplicatas et 5 % de blancs. Pour un grand bâtiment institutionnel, cela représente des dizaines à des centaines de détecteurs.
Pour aller plus loin
Le dépistage en milieu commercial · Que doit contenir un dossier conforme · Radon, CVCA et ventilation · FAQ radon au travail et en garderie
RadonTest.ca assure la logistique du dépistage et la soumission des échantillons au laboratoire. Nous n'effectuons pas de travaux d'atténuation et nous n'interprétons pas le risque pour la santé — Santé Canada demeure l'autorité en matière de radon au Canada. Cette page ne constitue pas un avis juridique, clinique ou d'agrément.
Sources
Santé Canada, Guide sur les mesures du radon dans les édifices publics (lieux de travail, écoles, garderies, hôpitaux, établissements de soins, centres de détention), H129-120/2022F; Santé Canada, lignes directrices sur le radon; Santé Canada, Guide de réduction du radon pour les Canadiens; Gazette du Canada, Partie II, vol. 160, n° 3 (DORS/2026-10); Community Care and Assisted Living Act, S.B.C. 2002, c. 75; Règlement canadien sur la santé et la sécurité au travail, art. 1.2, 10.4, 10.5, 10.19, 10.26.