Les détecteurs sont revenus. Le bâtiment affiche une moyenne de 180 Bq/m³. La limite est de 200. Est-ce terminé ?
Sur le plan légal, pour l'instant, oui : un résultat sous 200 Bq/m³ n'exige aucune mesure. En pratique, un résultat entre 150 et 200 est celui qui mérite le plus de réflexion, pour quatre raisons.
L'essentiel : 200 Bq/m³ est un niveau d'intervention, non un seuil de sécurité. Le radon varie d'une année à l'autre selon la météo et l'exploitation du bâtiment. Toute mesure comporte une incertitude : un 180 rapporté se situe dans une plage qui peut franchir 200. Et le règlement fédéral demande à la personne qualifiée de considérer si les niveaux risquent de dépasser 50 pour cent de la limite — soit 100 Bq/m³. La pratique courante traite 150–200 comme une zone de surveillance.
1. Deux cents est un niveau d'intervention, non une ligne de sécurité
La ligne directrice de Santé Canada de 200 Bq/m³ est la concentration à partir de laquelle une correction est recommandée. Ce n'est pas un seuil sous lequel le radon serait inoffensif.
Aucune concentration de radon n'est considérée sans risque. Le risque est fonction de la concentration multipliée par la durée, et il décroît continûment à mesure que la concentration baisse — il ne s'éteint à aucun chiffre en particulier. Santé Canada indique que les propriétaires devraient envisager une atténuation lorsque les résultats approchent la ligne directrice sans la dépasser.
Le niveau de référence de l'Organisation mondiale de la Santé est de 100 Bq/m³ et le niveau d'intervention de l'agence américaine de protection de l'environnement est de 148 Bq/m³. Un bâtiment canadien à 180 se situe au-dessus des deux.
2. Le radon varie d'une année à l'autre
Une mesure de longue durée établit une moyenne sur la période d'essai. Elle ne fixe pas la concentration du bâtiment de façon permanente.
Le radon intérieur varie selon la météo, les conditions du sol, la pression barométrique, la façon dont les systèmes de chauffage et de ventilation sont exploités, et l'usage que font les occupants du bâtiment. Un bâtiment affichant 180 une saison peut dépasser 200 la suivante sans que rien n'ait changé dans la structure.
3. Toute mesure comporte une incertitude
Un résultat rapporté est une estimation assortie d'une plage, non une valeur exacte. Les laboratoires déclarent une limite inférieure de détection et les détecteurs présentent un coefficient de variation; le cadre de contrôle de la qualité du PNCR-C existe précisément parce que les systèmes de mesure dérivent.
La conséquence est simple : un résultat proche de la ligne directrice se situe dans une plage dont une partie peut se trouver de l'autre côté. À 180, « sous 200 » est la meilleure estimation, non une certitude. C'est aussi pourquoi les duplicatas de contrôle comptent : ils indiquent quelle confiance accorder au chiffre.
4. Le règlement lui-même vise la moitié de la limite
Le paragraphe 10.4(2) du Règlement canadien sur la santé et la sécurité au travail énumère les critères que la personne qualifiée doit prendre en considération lors d'une enquête. L'alinéa h) porte sur le fait de savoir si « la concentration d'un agent chimique en suspension dans l'air ou le niveau de rayonnement ionisant ou non ionisant risque de dépasser 50 pour cent » des valeurs de l'art. 10.19(1) ou des niveaux des par. 10.26(3) et (4).
Le radon relève du par. 10.26(4). Une fois la limite de 200 Bq/m³ en vigueur le 30 janvier 2027, 50 pour cent représente 100 Bq/m³.
Soyez précis sur ce que cela signifie. Ce n'est pas une seconde limite d'exposition, cela ne crée aucune obligation d'agir à 100 Bq/m³, et rien n'est enfreint par un résultat entre 100 et 200. Cela signifie que le règlement dirige l'attention de la personne qualifiée bien en deçà du chiffre autour duquel tout le monde planifie — ce qui rend « nous étions sous 200, alors nous avons cessé d'y penser » plus difficile à défendre qu'il n'y paraît.
La zone de surveillance : 150 à 200
| Résultat | Position légale | Pratique raisonnable |
|---|---|---|
| Sous ~100 Bq/m³ | Aucune mesure requise | Consigner le dossier. Reprendre en cas de changement. |
| ~100–150 Bq/m³ | Aucune mesure requise | Consigner. Noter comme bâtiment à remesurer plus tôt que tard. |
| 150–200 Bq/m³ | Aucune mesure requise | Zone de surveillance. Remesurer, idéalement la saison de chauffage suivante. Consigner la décision et le raisonnement. |
| 200–600 Bq/m³ | Au-dessus de la limite dès le 30 janvier 2027 | Correction recommandée dans les 2 ans, puis vérification. |
| Plus de 600 Bq/m³ | Au-dessus de la limite | Correction dans l'année, puis vérification. |
Que faire d'un résultat limite
- Le consigner correctement — date, heure et lieu, méthode, résultat, nom et profession de la personne qui a fait l'essai. Voir ce que doit contenir un dossier conforme.
- Regarder la dispersion, pas seulement la moyenne. Une moyenne de 180 composée de pièces à 120 et à 240 est une situation différente d'un bâtiment uniformément à 180. La pièce élevée est celle où quelqu'un travaille.
- Vérifier le contrôle de la qualité. Si les duplicatas sont hors tolérance, le chiffre mérite moins de confiance.
- Tenir compte de l'occupation. Un résultat limite dans une pièce occupée en continu pèse plus lourd que le même chiffre dans une pièce utilisée quatre heures par jour.
- Décider d'une reprise et écrire pourquoi. Une décision documentée de surveiller est défendable; un résultat classé et oublié ne l'est pas.
- Noter ce qui changerait la donne — rénovation, modification du CVCA, débit d'air ou usage des pièces en contact avec le sol.
Questions fréquentes
180 Bq/m³, est-ce sans risque ?
Aucune concentration de radon n'est sans risque; le risque décroît avec la concentration sans disparaître. 180 Bq/m³ se situe sous le niveau d'intervention canadien de 200, au-dessus du niveau de référence de l'OMS de 100 et au-dessus du niveau américain de 148. Santé Canada demeure l'autorité en la matière.
Devons-nous agir si nous sommes sous 200 ?
Aucune mesure n'est requise. Savoir si vous devriez agir est une autre question, qui dépend de l'écart, de la répartition entre les pièces, de qui occupe le bâtiment et combien de temps, et de la confiance que mérite la mesure.
100 Bq/m³ est-il une limite légale au Canada ?
Non. La limite fédérale en milieu de travail est de 200 Bq/m³ en moyenne annuelle à compter du 30 janvier 2027. Le chiffre de 50 pour cent à l'al. 10.4(2)h) est un critère à considérer lors d'une enquête, non une limite en soi.
Le niveau réel pourrait-il dépasser 200 ?
Un résultat rapporté est une estimation assortie d'une incertitude : une valeur proche de la ligne directrice se situe dans une plage qui peut la franchir. C'est l'une des raisons pour lesquelles un résultat limite mérite une seconde mesure plutôt qu'une conclusion.
Si une atténuation suit : la vérification après atténuation.
Les deux tiers des travailleurs canadiens exposés au radon se situent exactement dans cette plage : ce que la recherche dit sur les personnes réellement exposées.
Pour aller plus loin
Que doit contenir un dossier conforme · Le dépistage en milieu commercial · FAQ radon au travail et en garderie · Carte du radon au Canada
RadonTest.ca assure la logistique du dépistage et la soumission des échantillons au laboratoire. Nous n'effectuons pas de travaux d'atténuation et nous n'interprétons pas le risque pour la santé — Santé Canada demeure l'autorité en matière de radon au Canada. Cette page présente de l'information réglementaire publique et ne constitue pas un avis juridique ni un avis de santé.
Sources
Règlement canadien sur la santé et la sécurité au travail (DORS/86-304), par. 10.4(2), art. 10.19, 10.26; Gazette du Canada, Partie II, vol. 160, n° 3 (DORS/2026-10); Santé Canada, Lignes directrices sur le radon; Santé Canada, Guide sur les mesures du radon dans les édifices publics; Organisation mondiale de la Santé, Manuel de l'OMS sur le radon; niveau d'intervention de l'US EPA; manuel d'assurance et de contrôle de la qualité du PNCR-C.